Finance verte, pessimisme politique et opposition au développement de l’intérieur africain avec le projet Transaqua

24 Octobre 2020

Nous publions la tribune de Philippa Lawton (Grande Bretagne) que nous avons traduit en français. Philippa Lawton est une activiste de longue date pour le développement du continent africain et est rédactrice en chef du site L’agenda African : une nouvelle perspective pour l’Afrique

Nous vivons une époque étrange où des scientifiques soi-disant « éminents » nous disent que le dioxyde de carbone est un polluant et que son augmentation est liée à des températures plus élevées ,et que, par conséquent, le développement est mauvais…

Nous vivons une époque étrange où des analystes soi-disant « bien informés » nous disent que les projets d’infrastructure de transformation en Afrique doivent passer par des énergies douces et que, par conséquent, le développement est dangereux…

C’est le Nouveau Monde de l’oligarchie, où la fiction est présentée comme un fait. Ni les questions sur le climat ni celles sur le développement n’ont de réponses ambiguës. La vérité n’est pas une variable ! Le dioxyde de carbone est un aliment pour les plantes et non un polluant [1] et l’Amérique est devenue une grande nation industrialisée grâce aux investissements nationaux dans l’énergie, les infrastructures et la technologie.

Les projets d’infrastructure nécessite de l’énergie, et ne parlons pas d’énergie douce, mais d’énergie puissante. Les bénéficiaires en seront les pays dans lesquels les projets sont construits, ainsi que leurs pays voisins. Un réseau de transport ferroviaire et routier efficace et moderne modifie la nature d’une économie de manière à ce qu’elle puisse passer à un niveau beaucoup plus élevé, ce qui signifie que l’investissement dans les infrastructures n’est pas tomber dans « un piège de la dette », en particulier si le partenaire bilatéral est la Chine, car leurs conditions de prêt sont extrêmement favorables. Même la Rand Corporation l’a récemment admis. Les Chinois offrent aux nations africaines le cadeau qui doit leur être fait. Le pays africain qui est doté d’une infrastructure et d’une industrialisation est mieux à même de résister aux demandes déraisonnables de Londres, de Washington ou même de Pékin. C’est ce qu’on appelle la souveraineté d’un État-nation !

Nous sommes censés être définis par nos limites, obligés par le fait de croire en la rareté des ressources qui s’amenuisent, y compris l’eau. Ainsi, comme l’homme des cavernes, nous devrions nous battre les uns contre les autres pour le dernier morceau de nourriture lors d’un hiver rigoureux !

Mais nous ne devrions jamais abandonner nos pouvoirs de créativité et à notre capacité à créer l’avenir. Devrions-nous alors continuer à trembler sous le couvercle de l’incertitude !?

Les auteurs d’un nouveau rapport sur le projet Transaqua pour la revitalisation du lac Tchad, publié sur Water-Alternatives, indiquent clairement qu’ils se sentent plus en sécurité sous le joug de l’impérialisme et qu’ils ne veulent pas que le colonialisme en Afrique prenne fin un jour. Cet état d’esprit s’inscrit dans le cadre d’un projet du Commonwealth. Le Commonwealth est le nom actuel de la puissance impériale de la City de Londres. L’appartenance au « Club » est ce qui émascule l’Union africaine. Et les auteurs du rapport sont liés aux larbins de ce « Club », ces tueurs à gages économiques dont l’endoctrinement « conscient » est par essence, génocidaire. Comment qualifier autrement les 30 millions de personnes, principalement en Afrique, dont l’ONU prévient qu’elles vont mourir de faim ?

En gros, il est plus sûr et plus facile de ne rien faire, disent-ils. Gardez l’Afrique telle qu’elle est ! Laissez le lac Tchad s’évaporer. Laissez la migration et toutes ses horribles conséquences se poursuivre. Appliquez des mesures d’aide.

Le projet Transaqua n’a pas pourtant pas d’équivalent. Lorsqu’il sera entièrement construit, ce sera le plus grand projet d’ingénierie jamais entrepris dans le monde. Il a le potentiel de transformer un intérieur africain jusqu’ici peu développé en un noyau d’énergie hydroélectrique pour le développement de chacun des 12 États riverains. Si vous comprenez le projet Transaqua, alors vous voyez que Transaqua n’est pas le but, mais bien le développement des nations environnantes.

Lorsque les excellents ingénieurs italiens de la société d’ingénierie publique Bonifica ont élaboré les premiers plans du projet Transaqua, nous vivions à une époque très différente. Nous vivions à une époque qui honorait encore l’économie réelle, qui comprenait l’importance ultime des infrastructures, et c’est pourquoi l’Italie avait une société d’ingénierie publique ! C’était avant que tout l’appareil de l’Empire ne s’attaque au rêve de modernisation de l’Afrique, avant l’avènement d’un « environnementalisme » anti-humain et le consensus de Washington qui a fait du changement de régime et des programmes d’ajustement structurel du FMI les gardiens du projet NSSM 200 d’Henry Kissinger. C’était avant la destruction systématique des États nations souverains et avant l’assassinat systématique de tout dirigeant africain qui tentait d’industrialiser son pays. Et avant que les Africains ne soient pris au piège d’une dette odieuse et illégitime, dans laquelle ils sont encore en train de se noyer !

L’opposition congolaise au projet Transaqua est surtout et souvent exprimée par les exilés vivant en France et en Belgique, comme par la voix de Boniface Musavuli [NDLR : Voir également la réponse à ces détracteurs de Jacques Cheminade]. La diaspora étant fréquemment utilisée dans les opérations de changement de régime. Les universités européennes où les membres de la diaspora étudient, endoctrinent et formatent. Dans le cas de la France, « La Rive Gauche », issue de la Sorbonne et de l’idéologie du romantisme, a réduit la capacité technologique de la France à un triste vestige du passé, lorsque le Concorde franchissait le mur du son et que l’Aérotrain, le premier et unique aérotrain au monde, menaçait de devenir à la pointe des transports publics terrestres.

L’idéologie française « arcadienne » [NDLR : de Arcadie : nature sauvage demeurait préservée et harmonieuse] a finalement donné naissance au mouvement des Gilets Jaunes car les ménages dont un, voire les deux parents, travaillent à plein temps, ne sont toujours pas en mesure de payer les factures mensuelles !

Rémunérer pour dépeupler

Les opposants au projet Transaqua réclament la même « félicité champêtre » pour le Congo ! Ils exigent la préservation du bassin du fleuve Congo dans son état actuel de non-développement complet et total ! Préserver les tourbières comme puits de carbone est une folie, mais le gouvernement a alors opté pour le chèque de paie substantiel des Verts qui est offert par la Banque mondiale et le FMI, une rémunération pour le dépeuplement. Nous avons déjà l’Arcadie au Congo et elle pue presque autant que celle du roi Léopold II. Eh bien, ce serait le cas parce qu’elle est issue du même système féodal.

Voici une histoire pour mettre en contexte l’idée que le projet Transaqua est un vol des eaux du Congo…..

Un homme vient vous voir et vous dit, cher ami, moi et mes autres amis voulons vous faire participer à notre projet. Cela nous sera bénéfique à tous, mais pour toi en particulier, cela signifie ceci : Vous apportez une petite partie de l’eau de votre fleuve (x pour cent, peut-être), et en retour, le projet dans son ensemble vous donnera la possibilité d’utiliser le reste de votre eau de manière plus avantageuse – toutes vos utilisations existantes, plus l’eau pour les utilisations industrielles, l’eau pour les villes que vous devriez construire, l’énergie hydroélectrique produite au niveau national, et des emplois pour bon nombre de vos habitants.

Et quelle sera votre réponse ? Répondrez-vous que non, que vous ne voulez pas de l’électricité puante, d’industries manufacturières, de villes ? Que vous ne voulez pas d’emplois minables ? Êtes-vous en train de dire que vous devez avoir TOUTE votre eau, pour pouvoir vous asseoir sur la rive et la regarder couler dans l’océan, pendant que vous êtes assis là et que vous répétez « A moi, tout à moi » ?

Ne vous est-il pas venu à l’esprit que vous pourriez même fermer les robinets à tout moment si vous aviez vraiment un différent avec vos partenaires de projet ?

Transaqua, c’est l’énergie, l’électrification, le pouvoir de développer !

Le développement à grande échelle est le seul moyen pour un pays africain d’éliminer la pauvreté. Produire de l’électricité, en quantité suffisante pour l’industrie et pour chaque ménage, est le seul moyen pour le Congo et les États riverains du projet Transaqua d’améliorer le niveau de vie de manière significative.

La guerre de faible intensité dans l’est de la RDC et ailleurs a créé une insécurité alimentaire d’une ampleur effroyable, la deuxième la plus grave au monde. La pénurie alimentaire au Congo est absurde, tout simplement absurde dans un pays où l’eau est abondante, où les terres sont parmi les plus fertiles du monde et où le climat est parfait pour l’agriculture. Et pourtant, les opposants au projet Transaqua croient à la pénurie, aux guerres de l’eau et aux limites à la croissance !

Comprennent-ils que leur endoctrinement vient directement du Club de Rome ? C’est ce qu’a d’ailleurs expliqué Paul Driessen, auteur du livre « Eco Imperialism », lors d’une conférence pour le Heartland Institute : Pouvoir vert, peste noire.

Le Sahel est devenu un foyer d’insurrection. C’est la prochaine excuse internationale pour mettre en place la théorie de la « Responsabilité de protéger (R2P) » et qui est cyniquement défini comme une intervention « humanitaire ». Le faux terrorisme islamique est en hausse en Afrique. Avec la perte de la Syrie, l’Empire est à nouveau à la recherche de nouveaux ennemis ! En Somalie, au Congo, au Mozambique et au Nigeria, des insurgés terroristes sont actifs. Légèrement déguisés en extrémistes islamiques, ils font ce qu’ils font de mieux, rendant le développement impossible et le gouvernement impopulaire. Ironiquement, Mouammar Kadhafi était en train de transformer la Libye grâce à des systèmes d’eau et d’irrigation avancés dans le but de verdir le désert, comme en rêvait également le grand Kwame Nkrumah.

Boko Haram a failli être vaincu par l’administration Buhari et pourtant il est de retour. Cette résurgence coïncide avec les remarquables projets de méga-infrastructures qui sont réalisés par l’administration Buhari. Ces projets de développement transformateurs concernent des voisins comme le Niger, où la pauvreté est encore aiguë. Comme Buhari l’a dit un jour : « Le Nigeria n’est pas une île et nous ne pouvons pas prospérer tant que nos voisins restent dans la pauvreté. » Boko Haram continue à rendre la vie et le progrès difficiles dans le nord du Nigeria.

Comme l’a expliqué Mohammed Bila, de la Commission du bassin du lac Tchad, lors d’une conférence organisée par l’Institut Schiller, l’instabilité de l’Afrique centrale ne sera jamais résolue tant que le lac Tchad ne sera pas rempli.

Avec la récente découverte de gaz naturel dans le nord du Mozambique, qui va permettre le développement d’une région auparavant en guerre et qui ne dispose que d’une seule route d’accès, la EN1, récemment refaite, sont venue les insurgés terroristes. Qui sont, nous demandons nous, ces grands ennemis du développement ?

Le rapport de Water-Alternatives conduit à se demander pourquoi le projet Transaqua est discuté en ce moment et reçoit une image négative (encore) ? Sont-ils inquiets de ne pas voir leur nouvelle armée mandaté, ISIS, sur le terrain au Sahel ? Sont-ils inquiets que les projets de développement et d’infrastructure du Nigeria et de l’Egypte apportent la paix et la sécurité dans la région et, pire que tout, facilitent la progression du projet Transaqua ?

L’Égypte a même récemment lancé un programme d’énergie nucléaire en collaboration avec la société russe Rosatom, dans un effort admirable pour assurer sa souveraineté énergétique.

Le rapport Water Alternatives a omis de manière très évidente une source d’information sur Transaqua, à part une brève mention quelque peu désobligeante. Lawrence Freeman, avec son expérience de toute une vie sur le développement de l’Afrique et son mépris flagrant pour les politiques destructrices du FMI, est largement considéré comme le grand défenseur du Transaqua. En tant que vice-président du Comité scientifique du bassin du lac Tchad, M. Freeman a été l’orateur principal de la conférence historique d’Abuja en 2018. Il est bien connu au Nigeria, au Soudan, au Ghana et dans plusieurs autres pays africains où il a, pendant des années, établi une feuille de route pour la transformation économique de l’Afrique basée sur le système de crédit d’Alexander Hamilton. C’est peut-être à cause des connaissances contenues sur son site web qu’il a été omis du rapport ?

Le rapport a également omis de mentionner un institut qui a été le plus fervent défenseur du projet Transaqua depuis sa création par Bonifica, l’Institut Schiller, dont le représentant à la conférence d’Abuja, Sébastien Périmony, un autre analyste politique qui lutte pour le développement de l’Afrique et qui, en tant que responsable Afrique de Solidarité et Progrès, s’oppose aux politiques néocoloniales de la France en Afrique. Voir à ce sujet son article sur la Conférence d’Abuja « Déclaration d’Abuja : La Troisième Révolution Africaine est en Marche ».

L’Afrique n’a pas le temps de tenir des discours négatifs sur des projets de développement significatifs et transformateurs. Les méga-constructions sont ce qu’il faut pour faire entrer les économies africaines dans l’ère du spatiale.

Comme l’a écrit un jour cet écrivain, si vous aimez vraiment l’idée d’éradiquer la pauvreté en Afrique, si vous aimez vraiment l’Afrique…….. alors aimez le projet Transaqua.

1 Quelques sites en anglais que nous conseillons sur ces questions :

https://wattsupwiththat.com/

https://larouchepub.com/pr/2019/190922_new_dossier.html

http://friendsofco2.blogspot.com/

https://friendsofscience.org/index.php?id=200

About Sébastien Périmony

One comment

  1. Vrai enemy de development African sont de pays qui profit de miseur de notre continent.

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