Le canal de Jongleï

Si nous regardons le long du Nil, le système de collecte et de transport des eaux du Soudan vers l’Egypte, pris comme un ensemble, est déjà très impressionnant.

Plusieurs barrages et réservoirs ont été construits ces dernières années et plusieurs autres sont en chantier : le haut barrage d’Assouan (1970), le barrage de Sennar, le barrage de Roseires (1965) et celui de Méroé, pour n’en citer que quelques-uns.

Les terres du Soudan, elles, sont parmi les plus fertiles du monde, avec les infrastructures adéquates, bien sûr. Par exemple, l’immense région de la Gezireh, représentant 8000 km2 de riches terres agricoles situées entre le Nil bleu et le Nil blanc et fournit 60 % de la production agricole du Soudan,

C’est précisément parce que la moitié des terres du Soudan sont irrigables de cette manière que l’on appelle ce pays « le grenier à blé potentiel du monde ».

Mais dans la région marécageuse du Sudd, où s’infiltrent les eaux du haut Nil Blanc, dans l’Etat de Jonglei, on peut voir un canal semi-achevé long de 180 km qui représente le segment nord de ce qui devrait être le canal de Jonglei.

Ce canal fut étudié pour la première fois par le gouvernement égyptien en 1946 et les plans furent mis au point en 1959. Les travaux commencèrent en 1978. A l’époque, ce projet figurait comme le plus grand chantier d’infrastructure africain. Pour réussir, on utilisa la plus grosse excavatrice à roue-pelle du monde, appelée « Sarah ». Sarah pouvait déplacer entre 2500 et 3500 m3 de terre, ce qui correspond au creusement d’environ 2 km de canal en cinq jours. Le projet se poursuivit pendant six ans, et lorsque l’on eut réalisé un peu plus de la moitié des 360 km, en 1984, la région fût totalement déstabilisé par des conflits et le projet fût abandonné.

Le concept est simple : accélérer le cours du Nil blanc qui, étant très tortueux – surtout dans une partie de son parcours soudanais – ralentit et réduit son débit en raison de l’évaporation. Cela serait rendu possible grâce à un canal de 360 km qui empêcherait l’eau de se perdre dans les marais et éradiquerait les 63 espèces de moustiques qui infestent la région. Ce qui permettra d’utiliser l’eau pour un développement agricole et manufacturier. Ce projet augmentera le débit de l’ensemble du système du Nil de 5 à 7 %.

Une fois achevé, celui-ci se remplira d’une partie de l’eau qui entrerait normalement dans le Sudd pour l’envoyer sur 360 km de Bor à Malakal (aujourd’hui au Sud Soudan). Il est prévu de prélever du Haut Nil blanc 25 millions de mètres cubes d’eau par jour près de Bor et de les transporter à Malakal. De cette façon, le débit du Nil à la hauteur d’Assouan sera augmenté, d’après les estimations, de 3,8 milliards de mètres cubes par an. En même temps, la canalisation des eaux du Nil blanc permettra de réduire d’environ 36% les marais du Sudd.

La largeur du canal varierait de 28 à 50 mètres et sa profondeur de quatre à sept mètres, de façon à le rendre navigable. On pourrait également construire une autoroute en parallèle de ce canal.

Ce projet du canal de Jongleï apporterait des bénéfices immenses à la région …  Mais aujourd’hui, la roue-pelle est stationnée, inactive, dans le Jonglei.

Ce projet doit donc être relancé immédiatement.

Bonus VIDEO :

5 commentaires

  1. vitaliser la securite des agents techniques de maintenance du projet
    security agent projet

  2. I don’t understand as to why Jonglei canal is not completed. It should be resume and complete

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